Comme je l’ai souvent dit sur ce blog, le groupe cosplay « Les Animaux fantastiques » est un projet de cosplay que j’aime beaucoup. Et du coup sur lequel je reviens souvent. Après avoir fait Pickett en 2017 (dont vous trouverez un micro making-of ici puis plus récemment le niffleur en 2020 (dont le making-of est également sur le blog ici. J’ai eu envie de réaliser un autre animal emblématique du film : l’occamy !
Avec les articles « Making-of » je reviens sur la conception globale d’un personnage, incluant les erreurs commises en chemin, et même quand c’est possible la partie couture (dont j’ai généralement assez peu de photos…).
1. Choix du costume
Pour être honnête j’avais déjà réalisé, en 2018, un occamy, sous forme de figurine fixe dans une théière (là encore je vous renvoie à l’article making-of des Animaux fantastiques ici. Mais comme je le disais dans cet article, si j’aime toujours autant cet accessoire, il est difficile de le transporter, car fragile et encombrant, donc je le conserve comme décoration d’étagère (Il prend merveilleusement bien la poussière d’ailleurs…).
Je me suis tournée ici, comme pour le niffleur, vers un concept d’artdoll articulée en bi-matière, en partie sculpté et en partie cousu. Le tout bien entendu basé sur l’apparence de l’occamy tel qu’on peut le voir dans le film Les Animaux Fantastiques :
2. Liste des éléments
Si on décompose l’occamy (cette phrase en bizarrement tournée...), on obtient une tête vaguement d’oiseauesque, un corps serpentoïde mais recouvert de plumes, et enfin des ailes. A cela va s’ajouter bien entendu, une structure interne pour articuler le tout.
Fait amusant, dans la description de l’occamy proposé par Newt Scamander dans son livre (publié avant le film), il est dit que l’occamy possède également une paire de pattes. Cet élément n’ayant pas été gardé dans la version cinématographique, je m’en passerais.
Ce qui au passage m’arrange un peu, les pattes c’est assez rébarbatif à faire, il faut faire un grand nombre de cuisson, et en plus forcément il faut en faire plusieurs, et symétriques. (Là encore, pour en savoir plus sur la fabrication des pattes je vous renvoie au making-of du niffleur).
3. La couture
- Le corps : Travail préparatoire
Faire un occamy pour accompagner mon cosplay de Newt était dans mes projets depuis un petit moment puisqu’après le niffleur, ça ne me semblait pas insurmontable. Le problème c’était le corps en plumes. La fourrure du niffleur avait été extrêmement facile à trouver, mais un tissu donnant l’idée de plumes, qui plus est dans des nuances bleu/vert/violet, c’était tout de suite beaucoup plus compliquer…
J’ai finalement eu une révélation : utiliser de la laine poilue censé imitée des plumes ou de la fourrure !
Il suffirait ensuite de la tricoter en tube, en réduisant le diamètre pour former la queue. Ou plus simple encore faire le corps au crochet, en crochetant une spirale de plus en plus large, comme un amigurumi.
Premier problème : Je ne sais pas crocheter.
Mais genre pas du tout. Je n’ai jamais réussi à passer l’étape de la chaînette (qui est pour ceux qui l’ignore l’extrême base du crochet). Je peux donc crocheter une très longue ligne de mailles seules mais c’est tout. Et déjà que je n’y arrive pas avec une laine simple, une laine qui (à cause du poil) empêche de distinguer facilement les mailles, c’était mort. Restait donc uniquement la solution du tricot circulaire.
Deuxième problème : Je ne sais pas non plus tricoter en cercle.
Oui l’idée du corps en laine partait bien du coup… Mais comme je savais déjà tricoter (en point mousse, de base donc). Je ne partais pas de rien.
Pour les néophytes du tricot, tricoter en cercle est plutôt simple, en utilisant des aiguilles circulaires, en gros, des aiguilles attachées ensemble par un câble. Comme ceci :
On trouve pas mal de tutoriels sur le net pour tricoter des snoods par exemple. Ces aiguilles sont aussi utilisées pour tricoter à plat quand on a beaucoup de mailles.
Sauf que ces aiguilles sont faites pour faire de grands cercles, comme pour un snood, donc impossible pour un petit diamètre comme le mien. On peut éventuellement (et encore très difficilement) en trouver pour petit cercle, comme des chaussettes, pour du coup, ce sont des petites aiguilles de 2/3 mm de diamètre, et ma laine nécessitait du 6… Mais du coup, comment font les tricoteurs voulant tricoter des chaussettes (ou pire, des gants) ?
Solution : tricoter avec cinq aiguilles !
Ce sont des aiguilles à double pointes, quatre qui vont chacune maintenir un quart du nombre de mailles dans votre main gauche, et une cinquième vide, dans votre main droite, qui vous servira à tricoter.
Bien entendu à ce stade-là, je ne sais pas non plus tricoter avec cinq aiguilles. Mais ça je peux apprendre. J’ai donc commencé par faire un test. Forcément je n’avais pas cinq aiguilles à double pointes de mêmes tailles, j’ai utilisé des piques à brochettes. Ce qui est loin d’être idéal mais ça fonctionne. Le premier essai a donné ça :
Ce qui honnêtement n’est pas trop mal pour un premier essai, mise à part dans les mailles servant à changer d’aiguilles qui étaient beaucoup trop lâche. Pour que ce soit plus facile, j’ai monté 12 mailles par aiguilles (soit un cercle de 48 mailles) et fait aucune augmentation ou diminution.
Pour ceux qui se demanderait comment on tricote avec cinq aiguilles, en fait c’est très simple. Ça se tricote en réalité à deux aiguilles, mais on change d’aiguilles tous les quarts de rangs. En gros, si on numérote les aiguilles de 1 à 5 comme ceci :
5 étant l’aiguille vide non présente sur la photo.
On tricote les 12 mailles de 1 avec 5, ce qui vide 1 de ses mailles, puis on tricote 2 avec 1, 3 avec 2 et 4 avec 3. A la fin du rang, 4 devient la nouvelle aiguille vide.
Troisième problème : (Le dernier promis). La laine étant supposée faire un aspect de plumes ou de fourrure, elle risquait de posséder un sens, le sens du poil.
Donc je ne pouvais pas partir du diamètre plus large pour finalement diminuer le nombre de mailles pour former la queue. Il fallait faire l’inverse. Or il est plus facile de débuter un tricot en cercle avec un grand nombre de mailles pour le réduire.
J’ai donc fait un second test pour établir un plan de tricot, en notant à quel rang j’augmentais :
(Oui, à cause d’un choix de couleur discutable, on dirait une grosse carotte en laine)
Les trous à intervalles réguliers, c’est tout simplement mes augmentations de mailles, après j’ai utilisé une autre technique de création de maille qui évite de faire un trou. Oui car je ne savais pas non plus faire augmentation/réduction de mailles, je tricotais (mal) des écharpes, c’est tout.
Une fois le plan de tricot estimé, j’ai fait un dernier test avec une laine du même genre que celle que je comptais utiliser. C’est au passage cette laine-là qui m’a donné l’idée pour le corps.
Comme ce genre de laine se tricote avec des aiguilles nettement plus grosses que des piques à brochettes, j’ai cette fois utilisé des crayons. (Qui a dit « McGuyver »?) Cela m’a permis entre autres de voir que j’avais vu trop large pour le diamètre final du corps.
Entre temps, j’avais commandé de la laine « plume » bleue/verte et (enfin) des aiguilles doubles. Quand j’ai commencé à la tricoter, je me suis aperçue que la couleur ne convenait pas du tout et faisait beaucoup trop terne, trop gris. Heureusement, j’ai trouvé un peu par hasard sur Ebay quelqu’un qui vendait un lot de pelotes convenant beaucoup mieux. Par contre aucune référence de la laine, donc je ne pourrais pas en recommander si l’envie m’en prend.
- Le corps intérieur :
Le corps serpentoïde de l’occamy devait être articuler. J’ai tout simplement utilisé la même technique que pour le niffleur avec une structure en fil d’aluminium. Comme le corps n’est qu’une longue tige, j’ai préféré un diamètre légèrement supérieur, avec du 4mm. J’avais d’abord acheté du 4 mm pour le niffleur avait de partir sur du 3mm. Donc forcément j’avais un petit stock de fil aluminium de 4mm.
Pour les ailes, sur lesquelles je reviendrais en détails un peu plus loin, je voulais quelque chose d’à la fois fin mais un peu résistant, pour ne pas qu’elles s’affaissent. Sauf que j’avais que du 1,5 ou du 3mm,le premier trop faible, le second trop épais. Du coup finalement, j’ai tout bêtement doublé le 1,5 en l’entortillant sur lui-même. Comme ça il restait fin mais plus résistant.
Enfin, pour empêcher le rembourrage de ressortir entre les mailles du corps, j’ai cousu un corps en tissu (entièrement à la main, parce que je n’aime pas coudre à la machine), en le refermant directement autour de l’armature et du rembourrage.
Une fois entièrement cousu ça donne ça :
- Le corps extérieur :
Une fois mon plan de tricot établi, tricoter le corps a été assez facile, et assez répétitif. La base du tricot est de 8 mailles, soit 2 mailles par aiguilles, ce qui est un peu galère au départ. J’ai dû recommencer deux trois fois le montage des mailles pour éviter un trou trop large au milieu :
Ensuite c’est juste une question d’augmentation régulière jusqu’à obtenir le diamètre maximum.
A ce stade-là, les augmentations sont finies. J’ai tricoté le corps sans le corps cousu le plus longtemps possible, mais arriver à la base des ailes, j’ai enfilé le tricot sur le corps en tissu, afin de pouvoir caler les armatures des ailes entre les mailles, il aurait été compliqué de leur mettre en place une fois le tricot achevé.
Quelques rangs, après les ailes, je me suis rendue compte que le corps rembourré me forçait à tricoter un peu plus lâche, du coup j’ai fait une légère réduction du diamètre du tricot pour compenser.
4. Conception
- La tête :
La tête de l’occamy a été réalisée de la même manière que celle du niffleur, en pâte polymère. Mais contrairement au niffleur, pour lequel j’avais utilisé de la fimo teinté (en faisant un mélange de trois pâtes pour obtenir la bonne teinte), ici j’ai utilisé de la sculpey blanche. Le niffleur avait l’avantage d’avoir la couleur du museau et des pattes bien distinctes par rapport au corps, mais pour l’occamy, il aurait été plus compliqué de trouver la bonne couleur, surtout que certaines pâtes varient légèrement en cuisson.
Comme d’habitude, j’ai d’abord fait une structure en papier aluminium :
Structure que j’ai collé à un couvercle de pot de confiture, ça permet de manipuler plus facilement le tout. Le cercle au marqueur correspond au diamètre du corps, à ne pas dépasser pour pouvoir ensuite assembler les deux.
Après, là encore comme pour le niffleur, c’est juste plusieurs sessions de modelage, en sauvegardant la progression en passant au four :
Un premier passage pour obtenir une vague forme globale :
Puis un second pour commencer à définir la forme de la tête par rapport au cou :
On peut voir sur cette photo que j’ai commencé à estimer l’emplacement des yeux, et que j’ai marqué, une fois la tête cuite, l’emplacement des cornes.
Puisqu’on parle des cornes, tout comme mon premier occamy dans sa théière, je les ai modelées séparément, sur un fil d’aluminium, et cuites à part, afin de pouvoir les insérer et manipuler la tête sans risquer de les déformer par mégarde. Entre deux sessions de modelage, j’ai également peint les yeux, sur des cabochons en verre.
Les cornes sont ensuite insérées grâce à leur tige en aluminium dans la tête, lors de la troisième session de modelage, leur base est renforcée avec de la pâte polymère fraîche.
Pour estimer l’emplacement des yeux, j’utilise des cabochons en verre non peint de même diamètre que les yeux, afin de ne pas abîmer ces derniers en risquant de les rayer.
Et si vous vous demander ce qu’est le gros trait sur le dessus de la tête, c’est de la pelure de critérium qui s’est intégrée à la sculpey fraîche... Pas grave ce sera caché plus tard.
La quatrième session de modelage a servie à installer certains détails, avec les sortes d’arêtes frontales de chaque côté, le creux de la bouche, l’arête centrale du bec, et les narines. Qui sont d’ailleurs plus hautes que sur les photos précédentes. J’avais commencé dès le début à les marquer afin qu’elles soient suffisamment en creux, mais finalement leur emplacement ne me convenait pas, il était trop bas. Du coup j’ai rebouché les trous existants, et fait de nouvelles narines, moins creuses mais plus haute.
Lors de cette quatrième session, j’ai aussi fait tomber la tête de la hauteur de mon bureau. A force de le manipuler, le couvercle du bocal s’est légèrement dévissé, et a fini par tomber. Outre le fait que la tête a heurté ma poubelle pile sur une des arêtes frontales sur laquelle j’avais passé un très très long moment, l’aplatissant en partie, la tête a terminé sa course, ou plutôt sa chute, sur les cornes…
Heureusement, elles se sont détachées de la base, mais n’ont pas une de cassure sur la longueur, probablement grâce au renforcement du fil d’aluminium. Malgré un colmatage d’avant cuisson, on peut voir qu’elles restent fissurées à la base :
Je les ai finalement recollés à la super-glue, les micro fissures restantes seront cachées par les plumes.
La cinquième et dernière session de modelage devait uniquement servir à placer les yeux. J’avais dès le départ prévu de les insérer lors de la dernière cuisson, car même si les cabochons sont en verre et résistent bien à la chaleur, j’avais peur qu’une succession de cuisson finisse par abîmer la peinture des yeux, en la faisant buller ou craqueler.
Mais en consultant mes images de référence pour vérifier le placement des yeux et leur forme, je me suis rendu compte que ma tête était un peu trop lisse, alors qu’elle était supposée être recouverte d’un fin duvet de plumes.
Du coup, j’ai rajouté sur l’ensemble de la tête une très fine couche de pâte (en utilisant le cran le plus fin de ma machine à pâte), afin de pouvoir marquer une légère texture en creux sans pour autant fausser la forme existante. Enfin, j’ai terminé comme prévu par les yeux, en faisant là aussi une légère texture sur les paupières, plus marquée sur la paupière supérieure.
- Les plumes de tête :
Outre le corps plumeux, l’occamy a deux zones de plumes : les ailes forcément, et une crête sur le dessus de la tête qui s’étend légèrement vers le cou. Je reviendrais sur les ailes un peu plus loin, donc concentrons-nous sur les plumes de tête.
Ces plumes ont la difficulté supplémentaire de servir de transition entre la matière polymère de la tête et le tissu/tricot du corps. J’ai un peu tâtonné pour trouver ce qui me convenait le mieux.
Au départ j’ai eu l’idée de réalisé des plumes directement avec la laine du corps, en doublant le fil pour obtenir un aspect duveteux des deux côtés, comme ceci :
j’ai testé le placement avec la tête et le corps en cours de tricot :
Je n’étais pas hyper convaincue. D’un côté, prise séparément, elles ressemblaient globalement à des plumes, mais associée au corps, ça donnait un aspect fouillis pas terrible, et une grosse disproportion, les plumes semblaient nettement plus grosses que le corps. De plus, comme les plumes étaient de la même matière que le corps, ça ne faisait pas trop transition, elles se fondaient avec le corps.
Pour mon deuxième essai, je suis partie sur une tout autre matière que la pâte polymère ou la laine. J’ai fait un test avec les plumes découpées dans de la mousse EVA prévues pour un test des ailes :
Bon elles étaient trop grosses, mais l’idée était pas mal. C’est finalement sur ça que je suis partie, en faisait des plumes plus petites, plus fines, et avec plus de textures :
(Oui bon là elles n’ont pas encore de texture du tout…)
Une fois le nombre et le placement décidés, il ne restait plus qu’à les peindre pour les assortir à la laine du corps.
- Les ailes :
Dès le départ, je comptais faire les ailes dans une matière différente du corps. Je ne suis pas super fan des ailes en tissu, sinon pour les artdolls non plumeuses genre dragon, dinosaure ou chauve-souris. Et comme j’aime vraiment me compliquer l’existence, je n’aime pas trop non plus l’ajout de véritables plumes. Du coup, avant même de faire celles de la tête, j’avais prévu de faire les plumes des ailes en mousse EVA, de la même manière que j’avais fait les écailles du Pangolin (Il n’y a pas d’article sur lui, mais vous pouvez le trouver sur le compte instagram).
Par contre, contrairement au pangolin, ici, pour estimer la taille, la position et surtout le nombre de plumes nécessaires, j’ai fait des schémas en passant par le logiciel Inkscape. Beaucoup de schémas…
Un des premiers tests, avec trois tailles de plumes : de très longue (ici en violet), des longues et des moyennes. Mais je me suis demandé s’il ne valait pas mieux faire quatre lignes de plumes :
C’est ce test que j’ai imprimé afin de voir le rendu avec le corps (même si bien entendu les plumes en mousse ne tomberaient pas exactement pareil.
C’est là que je me suis rendue compte que mes plus longues plumes étaient trop longues. Je les ai donc remplacées par une version un poil plus petite, ici en rose afin de ne pas confondre mes différents calques.
après plusieurs tests, dont je vous passe les détails (basiquement, enlever/ajouter une plume par-ci par-là, ou changer un peu leur inclinaison). J’ai finalement opté pour trois rangées de plumes : très longues (les roses donc), longue et moyenne.
C’est le placement qui rendait le mieux selon moi, et qui en plus, m’enlever une centaine de plumes à faire. Oui car forcément, il y a deux ailes, et deux faces à chaque aile. Soit un total de 202 plumes à faire (contre 310 avec quatre rangées).
En version imprimé :
Souvent quand on voit ce genre de projet avec des petites écailles ou autre, le créateur dit « On peut les couper à la main, mais bon, moi j’ai une découpeuse laser donc autant s’en servir haha, juste un petit fichier vectoriel à faire... ». Nope, moi j’ai juste un cutter, et une sacrée dose de masochisme.
En plus, j’ai eu la « bonne » idée de vouloir ajouter de la texture à mes plumes, en les striant comme celle de la tête. Texture qui s’obtient en griffant la surface de la plume à l’aide d’une lame de cutter un peu émoussée. 202 plumes, sachant que les plus grandes sont texturées des deux côtés…
Le pire c’est que sans la peinture, la texture ne se voit pas tant que ça.
5. Peinture
- Les plumes de tête :
Pour la peinture, j’ai utilisé mon aérographe, c’était l’occasion d’un peu expérimenter avec. Du coup j’ai épinglé toutes les plumes dans l’ordre de placement afin qu’elles ne s’envolent pas dans tous les sens avec le souffle de l’aero. (j’ai finalement changé de support ensuite pour quelque chose de plus épais qui maintenait mieux.)
Niveau peinture, j’ai utilisé deux teintes de bleu, un violet et un vert. J’ai fait pas mal de test pour trouver les couleurs correspondant au mieux aux couleurs du corps :
Finalement les deux bleus sont des couleurs directement du tube, mais le violet et le vert sont des mélanges. Rien de bien compliqué ensuite, vu que le corps n’a pas spécialement de schéma de couleur, j’ai juste eu à faire des taches de peintures sur les plumes pour reprendre le style du corps. Après quoi, comme la laine est légèrement brillante, j’ai vernis les plumes à l’aide d’un vernis satiné pour aérographe.
- Les plumes des ailes :
Une fois les DEUX CENTS DEUX plumes coupées et texturées, il a fallu les peindre, soit 240 plumes à peindre individuellement si on considère que les plumes grandes recto-verso comptent pour deux. Contrairement aux plumes de tête dont la peinture devait être dans la continuité du corps, j’ai choisi de faire quelque chose de plus ordonnées avec des sortes de dégradés de couleur.
Comme mon masochisme a ses limites (parfois), et que je n’avais aucune envie de recommencer plusieurs fois la peinture, au risque de devoir refaire des plumes, j’ai fait quelques tests sur papier en amont que j’ai dupliqué à l’arrache sur photoshop pour avoir une idée de rendu.
Je vous passe les tâtonnements divers, je me suis finalement arrêtée pour l’extérieur des plumes sur quelque chose comme ça :
Finalement j’ai encore fait quelques modifications notamment pour éviter la démarcation droite entre les couleurs, pour arriver à ça :
Contrairement aux plumes de tête, celles-ci sont peintes au pinceau, notamment pour faire les transitions de couleurs.
Pour l’intérieur des ailes, selon les images, elles sont plutôt dans les tons de rose et de violet, j’ai donc refait des tests sur papier, en retirant les bleus pour du roses.
Finalement j’ai opté pour remplacer uniquement le bleu clair par du rose assez vif :
Montage Photoshop de qualité...
Rose qui selon la lumière ressemble un peu trop à de l’orange, mais promis c’est rose :
Je ne saurais pas dire combien de temps la peinture des ailes a pris, vu que j’ai fait plusieurs session le soir, mais c’était long.
Comme les plumes de tête les ailes sont ensuite vernies avec du vernis satiné. J’ai tenté le brillant sur des plumes test, mais je n’aimais pas du tout le résultat.
- La tête :
La peinture de la tête est une étape que j’ai pas mal procrastiné. Comme je n’aime pas la peinture (et à mon avis elle ne m’aime pas beaucoup non plus), j’avais peur de « bousiller » tout mon travail de modelage. Mais bon je me suis dit « au pire y a toujours l’alcool ».
Non pas pour oublier une peinture ratée, mais il est plus ou moins possible de nettoyer de la peinture sur de la pâte polymère avec de l’alcool à brûler. Ce n’est pas parfait mais ça enlève le plus gros.
Finalement j’ai tout fait d’une traite donc je n’ai pas de photo de progression. J’ai fait une base avec le même bleu « électrique » que pour les ailes, et sur le bec et les cornes une base beige grisâtre. Le reste c’est entièrement des pastels avec du bleu clair, du vert émeraude du bleu foncé (assez similaire à celui des ailes) et un chouia de marron au niveau des narines et du bec. Pour les cornes j’ai fait un brossage à sec avec un marron plus foncé.
Pour vernir, j’ai d’abord passé un vernis satiné à l’aérographe, pour éviter que les poils du pinceau déplacent la poudre de pastels, mais comme je le trouvais trop brillant, j’ai ensuite passé un vernis « soft mat » au pinceau. Vernis que j’avais acheté pour le niffleur d’ailleurs…
6. Le montage
Une fois tous les éléments faits/peints/vernis, il ne restait plus qu’à assembler le tout, Avec d’un côté les plumes des ailes et de l’autre la tête et ses plumes.
- Les ailes :
Pour servir de base aux ailes, j’ai coupé une forme dans de la toile, que j’ai peint avec le même bleu que la tête et certaines plumes. Il ne restait qu’à coller les plumes :
les 202 plumes…
Chaque groupe de plumes correspond à une aile, avec chacune une face rose et une face bleue, les grandes plumes sont mutuelles aux deux faces.
La première ligne a été facile à coller, à plat, en me servant de mon test de placement comme guide, en veillant à ne pas coller les grandes plumes trop haut, afin que le tissu n’apparaisse pas :
Mais pour les rangs suivants, j’ai dû ensuite coudre le tissu à l’armature en aluminium, sans quoi les plumes de bords m’auraient empêché de coudre. Pour garder un placement à peu près symétrique, j’ai fait une sorte de gabarit en négatif, indiquant pour chaque niveau l’emplacement du bas des plumes.
Pour le rang des plumes moyennes :
puis pour les petites plumes :
On peut au passage voir la couture, qui est en fait de simples boucles autours des fils d’alu, pour ne pas causer trop d’épaisseur. Les ronds sont justes des chutes de mousse d’un autre projet dont je me suis servies pour éviter que mes pinces ne fassent des marques sur les plumes.
Après tout ça, le gros des ailes est monté.
Dis comme ça, ça a l’air aussi rapide que facile, mais en vrai c’était long et un peu galère. j’ai fait deux cessions de collages, et malgré les gabarits j’ai dû un peu improviser les différents placements par endroit. Une des lignes de plumes roses moyennes par exemple ne suis pas du tout le placement d’origine, mais bon...
Pour cacher le bord des plumes, et pour faire plus de cohérence entre le col tricoté et les ailes en mousse, j’ai réalisé une chaînette (vous vous rappelez, le seul truc que je sais faire au crochet…) avec le même fil que le corps pour la face bleue, et une avec un fil rose/violet, que je sors d’on ne sait où, et qui m’avait précédemment servi de fil test. Les chaînettes sont ensuite collées sur les bords des dernières plumes retaillées pour suivre la courbe. La chaîne bleue sert également à fondre l’armature d’aluminium dans le reste du corps en s’enroulant autour.
- La tête :
Une fois détachée de son bocal, j’ai fait un trou dans la structure de base en aluminium de la tête, puis j’ai recoupé la tige d’aluminium du corps. La tête est alors assemblée de manière extrêmement professionnelle, au moyen de beaucoup de colle chaude.
La tête fixée à la structure, il ne restait plus qu’à attacher le corps tissu au cou, toujours à l’aide de colle chaude, en collant d’abord 4 points cardinaux, puis une fois sec, le reste du tour du cou. Ainsi, on évite de tirer sur une partie encore de colle encore molle, ce qui fragilise l’ensemble.
Enfin, tout comme les chainettes faisait la transitions mousse/tissu, j’ai collé les plumes de mousse pour faire la transition tissu/polymère. Par contre, j’avais finalement moins de place que prévue sur le sommet de la tête, donc j’ai dû revoir le placement des plumes prévu au départ, et en mettre moins. Après il vaut mieux ça que l’inverse et manquer de plumes.
Mais du coup j’ai des plumes en rab, qui vont rejoindre mon stock de « « trucs fabriqués en trop dont je ne sais pas quoi faire, mais au cas où j’ai », (on y retrouve des écailles de pangolins en mousses, et même des plumes modelées en trop pour l’occamy précédent…)
Mais avec ça, l’occamy est (enfin) terminé !
Et donc, rendu final :
Conclusion
J’ai commencé ce projet il y a un bon moment, j’ai fait en grande partie le corps, puis je me suis arrêtée pour me consacrée aux armures d’Alphonse et de Barry, puis j’ai commencé à travailler en plein temps (tout en finissant les armures pour le Herofestival de novembre…).
J’ai généralement du mal à travailler sur un projet sans dead ligne, déjà parce que je peux procrastiner les parties que je n’ai pas envie de faire (ici la texture des plumes principalement) et parce que sans dead ligne, je pourrais refaire certains éléments un nombre incalculable de fois.
Mais là, le fait, comme je faisais d’autres projets je ne pouvais pas faire et défaire l’occamy, m’a obligé à mettre l’occamy en pause, et donc à me contenter de réfléchir à différentes idées avant de les faire. Par exemple, j’ai considéré un temps faire les ailes en worbla, mais elles auraient été trop rigide et trop lourdes par rapport au reste.
Je suis plutôt contente du résultat final, j’aime beaucoup mon costume de Newt, donc c’est toujours sympa de l’améliorer un peu !
Pour chaque cosplay en making-of, je souligne un(des) point(s) négatif(s), et au contraire, j’essaie de trouver au moins un élément positif.
Ce que je ferais différemment :
- Techniquement, j’ai déjà fait les choses différemment puisque c’est mon deuxième occamy. Mais plus sérieusement, la structure alu des ailes et un peu faible, j’aurais probablement dû utiliser un fil plus épais, mais il aurait fallu détricoter le corps jusqu’à la jointure, découdre le corps intérieur, non, juste non.
- Les plumes des ailes. Je ne sais pas si je les ferais différemment ou non, mais c’était TELLEMENT long à faire ! J’aurais pu me contenter de faire trois lignes de plumes, avec toutes les plumes d’une même ligne découpées d’un seul bloc. Mais ça aurait été moins beau…
- La tête, d’abord le modelage, que je trouve plutôt réussi et détaillé, alors que je ne pense pas que le modelage soit forcément mon point fort. Et au-delà du modelage, la peinture est plutôt pas mal (ooooooh il va neiger en juillet là…) je trouve le travail de couleur du visage honnête, la peinture des yeux plutôt réussie, et la ressemblance entre les couleurs du corps et celles des plumes de tête fait assez illusion !
- L’aspect « plume » du corps. Sans vouloir me jeter des fleurs, la laine était une super idée pour le corps en plumes. J’ai longtemps cherché comme faire avec de la fausse fourrure (et il y a de très belles réalisations avec), mais je ne trouvais pas, mais là, on est proche des couleurs de l’original !
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On me souffle dans l’oreillette (Neevillia au téléphone donc…) qu’il manque encore le demiguise (et son sac à main), un jour peut-être .

















