dimanche 31 janvier 2021

Tuto : Tête de mannequin en mousse EVA (patron de Punished Props)

Récemment, j’ai acheté un buste pour pouvoir maintenir mes pièces d’armures et vérifier les ajustements entre-elles. Il n’est absolument pas à mes mesures, ni à celles de Neevillia, donc je ne peux pas m’en servir pour patronner des pièces, mais comme il est plus petit (son tour de taille fait quelque chose comme 56cm…) ce n’est pas gênant pour servir de simple mannequin. Vendu sans pied, je l’ai monté sur une tringle à rideau, le tout maintenu par un pied de sapin de noël (c’est mon côté McGuyver…)


Comme la tringle dépasse du cou, plutôt que de la couper, je m’en servais comme tête, pour appuyer des accessoires, genre casque ou chapeau, mais ce n’était pas super pratique.

Je me suis donc dit que ce serait bien d’avoir une tête en plus du buste. Mais en fait c’est assez galère de trouver une tête correcte. Pour coiffer les perruques j’ai déjà une tête à coiffer dépressive (cf Making-of de Loki) montée sur étau, mais elle est trop lourde et rigide pour être posée au sommet du buste, et j’ai également une tête en polystyrène, mais déjà, elle sert de support permanent à la coiffe de Medusa, et de toute façon sa circonférence est minuscule, même pour moi qui ai une petite tête...

Mais il y a quelques temps, Bill Doran de Punished Props Academy a mis en vente un patron de tête de mannequin à faire en mousse EVA .

Source : Punishedprops.com


Et bien croyez-moi, c’était quatre euros bien investis ! Bill Doran a réalisé une vidéo dédiée à ce patron sur le compte Youtube de Punished Props (ICI), mais si vous souhaitez une explication en français, ou si comme moi vous aimez le format old school des blogs, je vous propose un petit tutoriel sur le montage du patron.

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Une fois le paiement validé, on accède à un lien valable indéfiniment (ce qui est cool, plutôt qu’un téléchargement unique, si on perd le fichier on peut toujours le récupérer sur le site). Le dossier comprend trois pdfs avec les pièces de patron, et un fichier texte qui explique comment redimensionner la tête. Le modèle de base (à imprimer en 100 % donc) est pour une tête de 59cm de circonférence, J’ai une petite tête donc c’est un peu grand pour moi, mais comme je fais aussi des trucs pour Neevillia et que généralement sous le casque ou le chapeau il y une perruque et nos vrais cheveux, mieux vaut prévoir un peu large.

Le patron a 17 pièces, qui correspondent à une demi tête et ainsi qu’une pièce de nez, il faudra donc retourner toutes les pièces du patron pour couper l’autre côté en miroir. Chaque pièce a des lettres indicatives qui permettent de savoir quel côté va avec quoi. Par contre je regrette un peu que les pièces n’aient pas de nom pour s’y retrouver, ou alors une image du montage à plat des pièces (mais ce dernier est visible dans la vidéo).


1. Traçage et découpage :

L’avantage c’est que comme ce sont de petites pièces, on peut facilement les caser dans des chutes de mousse :

(sur la photo il n’y a que les pièces pour un côté)


Le patron est prévu à l’origine pour de la mousse d’environ un centimètre d’épaisseur, mais on peut utiliser de la mousse plus fine, ici du 5mm, sans problème à part pour un détail sur lequel je reviendrais un peu plus loin.

Par ailleurs, pour cette étape de traçage et de découpage, veillez bien à être aidé d’une assistante qualifiée :


Une fois les pièces coupées en double, on obtient ceci :


pour m’y retrouver plus facilement j’ai nommé les pièces, genre « Arrière 1 » « Dessus 1 ». Par ailleurs, en temps normal, j’indique D et G (pour Droite et Gauche), sur mes pièces pour différencier les côtés, mais là avec toutes les lettres d’indications, j’ai opté pour un code plus simple : toutes les pièces d’un des deux côtés (à gauche sur la photo) ont un point bien net après leur nom, comme ça la différenciation est rapide.


2. Le thermoformage :

Cette étape n’est pas techniquement pas nécessaire mais ça aide pour le collage des pièces. Chacune des 34 pièces doit être chauffée au décapeur thermique afin de lui donner une forme légèrement courbe, notamment pour les pièces du dessus et du côté de la tête. Et soyons honnête, c’est un peu long et barbant. Mais après, on obtient ça :

samedi 2 janvier 2021

Making-of : Le niffleur (Les Animaux Fantastiques)

Bon, le niffleur n’est pas à proprement parlé un cosplay, mais plus un accessoire de mon cosplay de Newt/Norbert. On peut aussi voir ça non plus comme du cosplay mais comme de la création d’artdoll. A vous de voir. Mais je trouvais le processus de création intéressant, donc je me suis dit que ça valait le coup d’en faire un petit making-of.

Avec les articles « Making-of » je reviens sur la conception globale d’un personnage, incluant les erreurs commises en chemin, et même quand c’est possible la partie couture (dont j’ai généralement assez peu de photos…).


1. Choix du costume

Nous avions déjà fait avec Neevillia, TheMom et même TheLittleSis, un groupe Animaux Fantastiques, respectivement en Queenie Goldstein, Mary-Lou Barebone, Seraphina Picquery et moi en Newt Scamander ( ou Norbert Dragonnau, mais j’ai tendance à utiliser son nom anglais par habitude) peu après la sortie du premier film. En février 2020, nous avons ressorti nos costumes, et je me suis dit que ce serait sympa, d’ajouter le célèbre niffleur à mon costume. Genre deux semaines avant la conv...


2. Liste des éléments

Élément à faire : un niffleur.

Plus sérieusement, il y avait quatre éléments à prendre en compte pour réaliser une peluche de niffleur : tout d’abord le corps cousu (sans oublier la poche !), les pattes et le museau en modelage, et enfin, une structure interne pour le rendre articulé.


3. La couture

Le corps en tissu est probablement l’élément qui m’a demandé le plus de travail. C’est aussi par ça que j’ai commencé, car les dimensions du corps devaient me servir de base pour modeler les autres éléments afin que le tout soit proportionné. Il m’a fallu cinq essais avant de trouver le modèle qui me satisfaisait (oui car on l’a vu, j’aime recommencer les choses plein de fois, surtout quand c’est un truc que j’adore comme la couture…). Je précise par avance que tout (prototype et corps définitif) a été cousu à la main, parce que j’étais déjà suffisamment masochiste pour faire de la couture, je ne l’étais quand même assez pour lutter contre la machine à coudre. (Je laisse ça a de meilleurs dresseurs, comme Neevillia et TheMom).

Comme bien souvent, j’ai commencé par voir un peu sur le net ce qui avait été fait, et éventuellement si un créateur avait partagé son patron. On trouve énormément de peluche/artdoll de niffleur sur le net, mais peu de patrons. J’en ai finalement trouvé deux (sans explications par contre, juste les pièces à découper) qui semblaient donner des résultats plus que corrects.


  • Patron 1 :

Celui-là n’est même pas allé jusqu’au stade du prototype, je n’ai que le dessin des pièces sur ma toile :


La forme ne convenait pas du tout, c’était bien trop petit et la poche ne s’adaptait pas du tout au ventre de toute façon bien trop rond. Comme je n’avais pas les explications de montage, peut-être que le problème vient de moi, mais en tout cas c’était raté.


  • Patron 2, essai 1 :

Celui-là tenait plus du schéma crayonné que du patron, j’ai donc commencé par le mettre au propre avec Inkskape, histoire d’être sûre que les pièces soient bien toutes à la bonne taille. Un peu de couture à la main plus tard, et j’obtenais… un diplodocus content que fait « Yay ! » les pattes en l’air. Non mais vraiment :


  • Patron 2, essai 2 et 3 :

Je me suis un peu plus obstiné avec ce patron là (notamment, parce qu’à ce moment-là c’était le seul qui me restait…). J’ai donc modifié la jointure des pattes pour qu’elles soient moins écartées (le but n’étant pas d’avoir une niffleur qui fait la Hola…), agrandi la tête, réduit le ventre qui pointait trop vers l’extérieur et la queue trop longue et trop fine. Après toute ces modifications, j’étais à présent à la tête d’une petite armée de diplodocus :

Hey, au moins il tenait sur ses pattes arrières maintenant…


  • Patron 3 :

Bon pour les patrons directement de niffleur c’était raté. Mais le cosplay, et surtout sa partie couture, c’est le plus souvent des modifications de patrons pas du tout prévu pour à l’origine. C’est assez rare de trouver un patron du personnage qu’on souhaite faire, à part peut-être certains personnages très connus type princesse Disney (et encore pas toujours, et souvent y a des modifs à faire pour les rendre vraiment « movie accurate »).

Je me suis donc tournée vers des patrons d’ours en peluche. Mais beaucoup sont fait avec les membres totalement indépendant du corps, simplement cousu dessus une fois chaque pièce rembourrée, ou au contraire pour les assembler au corps avec des articulations disques… A force de recherche, j’ai fini par tomber sur des patrons de peluches Pokémon, c’est finalement un patron prévu pour Mew qui me servira de base.

J’ai ensuite assemblé le patron tel quel, en ne modifiant que ce qui ne correspondaient vraiment pas au niffleur, à savoir la longueur des pattes arrière, la queue et la tête (je n’ai gardé que la base du cou afin de pouvoir l’assembler au corps, sinon c’est juste une forme vaguement ronde).


Mieux que les diplodocus, mais pas encore ça, surtout pour la tête et la patte avant, encore et toujours écartées.


  • Patron final :

Pour aboutir au patron final, j’ai finalement fait pas mal de petites modifications ici et là sur le patron de Mew, de sorte que finalement il ne reste plus grand-chose de la forme du patron d’origine.


J’ai carrément créé un patron pour les pattes avant pour qu’elles tombent enfin droites et non plus écartées, idem pour la pièce de tête et celle de la queue. Rien que la queue m’a demandé trois essais. Et finalement, je l’ai monté à l’envers sur le modèle final… Mais bon ça ne se voit pas.

Il ne restait plus qu’à, enfin, couper les pièces dans de la fausse fourrure noire et assembler le tout (en laissant la couture dos ouverte pour l’instant) :


4. Le modelage

Le plus dur enfin terminé (oui je considère que le corps en tissu était plus dur à réaliser que les éléments modelés), il restait à faire les mains, les pieds et le museau du niffleur. Honnêtement le modelage a été une étape assez longue, mais pas bien compliquée.

Tous les éléments sont faits en pâte polymère, ici de la Fimo.


  • Les pattes :

J’ai surtout des photos de la réalisation des pattes arrières, mais seule la taille différencie vraiment les pattes avants des pattes arrières. Comme bien souvent en modelage on réalise une structure qui va servir de guide de modelage et de soutien à la pièce. Ici j’ai utilisé du fil d’aluminium.


Pour relier les différents morceaux de fil ensemble, on utilise le plus souvent un fil d’aluminium très fin. Comme je n’en avais pas, j’ai tout simplement enroulé les fils d’alu avec du fil à coudre que j’ai ensuite encollé pour qu’il ne bouge pas.

Attention : si on utilise de la pâte polymère, les pièces vont devoir passer au four, donc impossible d’utiliser de la colle chaude pour assembler la structure, j’ai utilisé de la colle epoxy. (cf : Le guide des colles)

Les griffes sont modelées en pâte Fimo translucide. Puis on fait un premier passage de modelage afin de former les doigts et les bloquer dans la position voulue :


Au passage, je me suis servie de mon dernier prototype tout au long du modelage pour m’assurer d’avoir des pièces proportionnelles. J’ai dû réduire les pattes arrières et ainsi éviter un niffleur Berth aux grands pieds.


Après c’est juste différents passages de Fimo jusqu’à obtenir la forme finale.


Une fois terminées, j’ai teinté les griffes et les pattes avec différentes nuance d’ombre à paupières marron et noire (normalement c’est mieux d’utiliser des pastels, mais j’ai fait avec ce que j’avais sous la main). Ça permet de donner plus de réalisme et de faire ressortir des détails de modelage comme la texture de la peau


  • La tête :

C’est grosso modo la même chose que pour les pattes, on forme une structure de base en aluminium :


La structure permet aussi d’alléger la tête, entièrement en Fimo, elle serait super lourde et le poids du bec ferait probablement basculer le niffleur.

Sur la photo c’est la structure de mon premier essai de tête, mais finalement là forme faisait un peu top ornithorynque, le museau des niffleur est plus courbe sur le dessous que le bec des ornithorynques.

Après c’est toujours la même chose, on ajoute de le Fimo petit à petit pour avoir une forme de base, puis on met les yeux.

Pour les yeux, je suis allé au plus simple en utilisant des perles entièrement noires. Et comme pour la colle chaude, les yeux doivent pouvoir aller au four, donc des perles en verre, surtout pas en plastique. A force d’ajouter de la fimo petit à petit, on obtient un niffleur mécontent :


puis un niffleur chauve :


Pour la petite anecdote, bien que le niffleur de Newt n’ait pas de nom, celui-ci a été nommé « Jean-Luc » en référence à Jean-Luc Picard, célèbre capitaine (chauve) de Star Trek The Next Generation.


5. Assemblage

Tous les éléments terminés, il a suffi de les assembler. Pour articuler le corps, j’ai simplement fait une structure en fil d’aluminium de 3mm de diamètre. C’est basiquement un long fil de la tête à la queue, puis deux autres fils attachés perpendiculairement en premier qui forment les pattes avants et arrières.

Une fois la partie tissu enfilée dessus comme un pyjama, les pattes sont attachées aux extrémités de cette structure, puis le tissu est collé sur la Fimo. Pour la tête, dont l’arrière est plat, le fil d’alu de la structure forme une spirale collée sur l’arrière avec beaucoup de colle chaude, et idem les bords du tissu formant la tête sont collés sur le front et le cou en Fimo. 

Il ne reste plus qu’à remplir le tout avec du rembourrage pour peluche et fermer la couture dos au point invisible. Une fois rembourrer, on peut appliquer la poche (patronner en amont sur le prototype final).


Et donc, rendu final :



Conclusion

Pour chaque cosplay en making-of, je souligne un(des) point(s) négatif(s), et au contraire, j’essaie de trouver au moins un élément positif.

Je trouve mon niffleur plutôt réussi, il n’y a pas d’élément où je me dis « aaaaargh » en le voyant, juste des petits ajustements que je ferais si je devais refaire un niffleur.

Ce que je ferais différemment :

- Ce n’est pas grave en soit, mais la position du pouce des pattes arrière est un peu trop en avant, quand le niffleur est debout, il n’est pas à plat sur ses pattes.

- La manière d’attacher le fil d’aluminium des pattes arrières fait que les pattes grincent un peu quand on assoit le niffleur. Il y a un peu de jeu dans la jointure. Pour la artdoll de pangolin que j’ai fait ensuite (photos sur Instagram si ça vous intéresse), j’ai trouvé une autre manière, plus solide de fixer la structure des pattes.

Ce que j’aime :

- j’aime le niffleur dans son ensemble, surtout quand on pense qu’il a été fait un peu comme ça du genre « Si on remet les Animaux Fantastiques, je ferais bien le niffleur pour compléter mon costume ! ».

- vu le nombre de fois où j’ai dû modifier les patrons, j’en ai profité pour me familiariser un peu avec Inkskape dont je me sers de temps en temps pour le cosplay. Mais j’aurais aussi pu faire toutes les modifications à la main (ce que j’ai fait pour certaines).

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Bien que ce soit un groupe cosplay à 95 % couture (donc où je fais pas grand-chose), j’ai fait deux trois autres trucs pour Les Animaux fantastiques. Peut-être que ça vaudrait un deuxième mini making-of...