Bon, le niffleur n’est pas à
proprement parlé un cosplay, mais plus un accessoire de mon cosplay
de Newt/Norbert. On peut aussi voir ça non plus comme du cosplay
mais comme de la création d’artdoll. A vous de voir. Mais je
trouvais le processus de création intéressant, donc je me suis dit
que ça valait le coup d’en faire un petit making-of.
Avec les articles « Making-of » je reviens sur la conception globale d’un personnage, incluant les erreurs commises en chemin, et même quand c’est possible la partie couture (dont j’ai généralement assez peu de photos…).
1. Choix du
costume
Nous avions
déjà fait avec Neevillia, TheMom et même TheLittleSis, un groupe
Animaux Fantastiques, respectivement en Queenie Goldstein, Mary-Lou
Barebone, Seraphina Picquery et moi en Newt Scamander ( ou Norbert
Dragonnau, mais j’ai tendance à utiliser son nom anglais par
habitude) peu après la sortie du premier film. En février 2020,
nous avons ressorti nos costumes, et je me suis dit que ce serait
sympa, d’ajouter le célèbre niffleur à mon costume. Genre deux
semaines avant la conv...
2. Liste
des éléments
Élément à
faire : un niffleur.
Plus
sérieusement, il y avait quatre éléments à prendre en compte pour
réaliser une peluche de niffleur : tout d’abord le corps
cousu (sans oublier la poche !), les pattes et le museau en modelage,
et enfin, une structure interne pour le rendre articulé.
3. La
couture
Le
corps en tissu est
probablement l’élément
qui m’a demandé le plus de travail. C’est aussi par ça que j’ai
commencé, car les dimensions du corps devaient me servir de base
pour modeler les autres éléments afin que le
tout soit proportionné.
Il m’a fallu cinq essais
avant de trouver le modèle qui me satisfaisait (oui car on l’a vu,
j’aime recommencer les choses plein de fois, surtout quand c’est
un truc que j’adore comme la couture…). Je précise par avance
que tout (prototype et corps définitif) a été cousu à la main,
parce que j’étais déjà suffisamment masochiste pour faire de la
couture, je ne l’étais quand même assez pour lutter contre la
machine à coudre. (Je laisse ça a de meilleurs dresseurs, comme
Neevillia et TheMom).
Comme
bien souvent, j’ai commencé par voir un peu sur le net ce qui
avait été fait, et éventuellement
si un créateur avait partagé son patron. On trouve énormément de
peluche/artdoll de niffleur sur le net, mais peu de patrons. J’en
ai finalement trouvé deux (sans
explications par contre, juste les pièces à découper)
qui semblaient donner
des résultats plus que corrects.
Celui-là
n’est même pas allé jusqu’au stade du prototype, je n’ai que
le dessin des pièces sur ma toile :
La forme ne
convenait pas du tout, c’était bien trop petit et la poche ne
s’adaptait pas du tout au ventre de toute façon bien trop rond.
Comme je n’avais pas les explications de montage, peut-être que le
problème vient de moi, mais en tout cas c’était raté.
Celui-là
tenait plus du schéma crayonné que du patron, j’ai donc commencé
par le mettre au propre avec Inkskape, histoire d’être sûre que
les pièces soient bien toutes à la bonne taille. Un peu de couture
à la main plus tard, et j’obtenais… un diplodocus content que
fait « Yay ! » les pattes en l’air. Non mais
vraiment :
Je me suis
un peu plus obstiné avec ce patron là (notamment, parce qu’à ce
moment-là c’était le seul qui me restait…). J’ai donc modifié
la jointure des pattes pour qu’elles soient moins écartées (le
but n’étant pas d’avoir une niffleur qui fait la Hola…),
agrandi la tête, réduit le ventre qui pointait trop vers
l’extérieur et la queue trop longue et trop fine. Après toute ces
modifications, j’étais à présent à la tête d’une petite
armée de diplodocus :
Hey, au
moins il tenait sur ses pattes arrières maintenant…
Bon pour
les patrons directement de niffleur c’était raté. Mais le
cosplay, et surtout sa partie couture, c’est le plus souvent des
modifications de patrons pas du tout prévu pour à l’origine.
C’est assez rare de trouver un patron du personnage qu’on
souhaite faire, à part peut-être certains personnages très connus
type princesse Disney (et encore pas toujours, et souvent y a des
modifs à faire pour les rendre vraiment « movie accurate »).
Je me suis
donc tournée vers des patrons d’ours en peluche. Mais beaucoup
sont fait avec les membres totalement indépendant du corps,
simplement cousu dessus une fois chaque pièce rembourrée, ou au
contraire pour les assembler au corps avec des articulations disques…
A force de recherche, j’ai fini par tomber sur des patrons de
peluches Pokémon, c’est finalement un patron prévu pour Mew qui me
servira de base.
J’ai
ensuite assemblé le patron tel quel, en ne modifiant que ce qui ne
correspondaient vraiment pas au niffleur, à savoir la longueur des
pattes arrière, la queue et la tête (je n’ai gardé que la base
du cou afin de pouvoir l’assembler au corps, sinon c’est juste
une forme vaguement ronde).
Mieux que
les diplodocus, mais pas encore ça, surtout pour la tête et la
patte avant, encore et toujours écartées.
Pour
aboutir au patron final, j’ai finalement fait pas mal de petites
modifications ici et là sur le patron de Mew, de sorte que
finalement il ne reste plus grand-chose de la forme du patron
d’origine.
J’ai
carrément créé un patron pour les pattes avant pour qu’elles
tombent enfin droites et non plus écartées, idem pour la pièce de
tête et celle de la queue. Rien que la queue m’a demandé trois
essais. Et finalement, je l’ai monté à l’envers sur le modèle
final… Mais bon ça ne se voit pas.
Il ne
restait plus qu’à, enfin, couper les pièces dans de la fausse
fourrure noire et assembler le tout (en laissant la couture dos
ouverte pour l’instant) :
4. Le
modelage
Le plus dur
enfin terminé (oui je considère que le corps en tissu était plus
dur à réaliser que les éléments modelés), il restait à faire
les mains, les pieds et le museau du niffleur. Honnêtement le
modelage a été une étape assez longue, mais pas bien compliquée.
Tous les
éléments sont faits en pâte polymère, ici de la Fimo.
J’ai
surtout des photos de la réalisation des pattes arrières, mais
seule la taille différencie vraiment les pattes avants des pattes
arrières. Comme bien souvent en modelage on réalise une structure
qui va servir de guide de modelage et de soutien à la pièce. Ici
j’ai utilisé du fil d’aluminium.
Pour relier
les différents morceaux de fil ensemble, on utilise le plus souvent
un fil d’aluminium très fin. Comme je n’en avais pas, j’ai
tout simplement enroulé les fils d’alu avec du fil à coudre que
j’ai ensuite encollé pour qu’il ne bouge pas.
Attention :
si on utilise de la pâte polymère, les pièces vont devoir passer
au four, donc impossible d’utiliser de la colle chaude pour
assembler la structure, j’ai utilisé de la colle epoxy. (cf : Le guide des colles)
Les griffes
sont modelées en pâte Fimo translucide. Puis on fait un premier
passage de modelage afin de former les doigts et les bloquer dans la
position voulue :
Au passage,
je me suis servie de mon dernier prototype tout au long du modelage
pour m’assurer d’avoir des pièces proportionnelles. J’ai dû
réduire les pattes arrières et ainsi éviter un niffleur Berth aux
grands pieds.
Après
c’est juste différents passages de Fimo jusqu’à obtenir la
forme finale.
Une fois
terminées, j’ai teinté les griffes et les pattes avec différentes
nuance d’ombre à paupières marron et noire (normalement c’est
mieux d’utiliser des pastels, mais j’ai fait avec ce que j’avais
sous la main). Ça permet de donner plus de réalisme et de faire
ressortir des détails de modelage comme la texture de la peau
C’est
grosso modo la même chose que pour les pattes, on forme une
structure de base en aluminium :
La
structure permet aussi d’alléger la tête, entièrement en Fimo,
elle serait super lourde et le poids du bec ferait probablement
basculer le niffleur.
Sur la
photo c’est la structure de mon premier essai de tête, mais
finalement là forme faisait un peu top ornithorynque, le museau des
niffleur est plus courbe sur le dessous que le bec des
ornithorynques.
Après
c’est toujours la même chose, on ajoute de le Fimo petit à petit
pour avoir une forme de base, puis on met les yeux.
Pour les
yeux, je suis allé au plus simple en utilisant des perles
entièrement noires. Et comme pour la colle chaude, les yeux doivent
pouvoir aller au four, donc des perles en verre, surtout pas en
plastique. A force d’ajouter de la fimo petit à petit, on obtient
un niffleur mécontent :
puis un
niffleur chauve :
Pour la
petite anecdote, bien que le niffleur de Newt n’ait pas de nom,
celui-ci a été nommé « Jean-Luc » en référence à
Jean-Luc Picard, célèbre capitaine (chauve) de Star Trek The Next
Generation.
5.
Assemblage
Tous les
éléments terminés, il a suffi de les assembler. Pour articuler le
corps, j’ai simplement fait une structure en fil d’aluminium de
3mm de diamètre. C’est basiquement un long fil de la tête à la
queue, puis deux autres fils attachés perpendiculairement en premier
qui forment les pattes avants et arrières.
Une fois la partie tissu
enfilée dessus comme un pyjama, les pattes sont attachées aux
extrémités de cette structure, puis le tissu est collé sur la
Fimo. Pour la tête, dont l’arrière est plat, le fil d’alu de la
structure forme une spirale collée sur l’arrière avec beaucoup de
colle chaude, et idem les bords du tissu formant la tête sont collés
sur le front et le cou en Fimo.
Il ne reste plus qu’à remplir le
tout avec du rembourrage pour peluche et fermer la couture dos au
point invisible. Une fois rembourrer, on peut appliquer la poche
(patronner en amont sur le prototype final).
Et donc,
rendu final :
Conclusion
Pour
chaque cosplay en making-of, je souligne un(des) point(s) négatif(s),
et au contraire, j’essaie de trouver au moins un élément positif.
Je
trouve mon niffleur plutôt réussi, il n’y a pas d’élément où
je me dis « aaaaargh » en le voyant, juste des petits
ajustements que je ferais si je devais refaire un niffleur.
Ce
que je ferais différemment :
-
Ce n’est pas grave en soit, mais la position du pouce des pattes
arrière est un peu trop en avant, quand le niffleur est debout, il
n’est pas à plat sur ses pattes.
-
La manière d’attacher le fil d’aluminium des pattes arrières
fait que les pattes grincent un peu quand on assoit le niffleur. Il y
a un peu de jeu dans la jointure. Pour la artdoll de pangolin que
j’ai fait ensuite (photos sur Instagram si ça vous intéresse),
j’ai trouvé une autre manière, plus solide de fixer la structure
des pattes.
Ce
que j’aime :
-
j’aime le niffleur dans son ensemble, surtout quand on pense qu’il
a été fait un peu comme ça du genre « Si on remet les
Animaux Fantastiques, je ferais bien le niffleur pour compléter mon
costume ! ».
-
vu le nombre de fois où j’ai dû modifier les patrons, j’en ai
profité pour me familiariser un peu avec Inkskape dont je me sers de
temps en temps pour le cosplay. Mais j’aurais aussi pu faire toutes
les modifications à la main (ce que j’ai fait pour certaines).
______________
Bien
que ce soit un groupe cosplay à 95 % couture (donc où je fais
pas grand-chose), j’ai fait deux trois autres trucs pour Les
Animaux fantastiques. Peut-être que ça vaudrait un deuxième
mini making-of...