lundi 23 novembre 2020

Making-of : The Mighty Thor

Pour ce premier making-of, j’ai choisi de parler de la conception du cosplay de The Mighty Thor de ma sœur Neevillia, avec laquelle j’ai fait un duo Thor et Loki, et qui est le premier costume pour lequel j’ai réalisé des pièces d’armures en mousse EVA et non plus en tapis de gymnastique. (cf : Guide de la mousse EVA Partie 1).

Avec les articles « Making-of » je reviens sur la conception globale d’un costume, incluant les erreurs commises en chemin, et même quand c’est possible la partie couture (dont j’ai généralement assez peu de photos…)


1. Choix du costume

Concernant le choix du personnage, ce fut assez vite fait. Neevillia m’avait déjà mentionné l’idée de faire un cosplay de The Mighty Thor, c’est à dire la version où Jane Foster a les pouvoirs de Thor. Et à force de regarder des créateurs sur Youtube (et notamment les anglophones Punished Props) travailler la mousse EVA, j’ai eu envie d’essayer…

Cependant il existe, comme bien souvent chez les comics, différentes variantes du costume. Nous avons finalement décidé de faire la version du comics, en y ajoutant quelques détails de la version figurine de Sideshow Collectible.


2. Liste des éléments

Niveau armure, cette version de Thor a deux éléments principaux : le casque et le buste, ainsi que trois autres pièces plus petites : un avant-bras, des chaussures et les attaches de la cape. Sans oublier l’accessoire emblématique de Thor, son marteau Mjolnir.

Niveau couture, on retrouve bien entendu la cape rouge, un pantalon et un débardeur ainsi qu’une sorte de jupe à plusieurs pans et une ceinture. Mais ça c’est Neevillia qui s’en charge.


3. Conception


  • le casque :

Commençons par un élément que je n’ai pas eu besoin de refaire, le casque ! Une fois le patron de la forme de base fait directement à partir de la tête de Neevillia (cf : Etablir un patron [article en préparation]). Je n’ai eu qu’à couper mes pièces dans de la mousse EVA de 5mm et assembler, pour obtenir un superbe bol à chips, casque de base :


Une fois cette base établie, j’ai pu m’en servir comme échelle pour tracer et adapter les autres éléments du casque, d’abord en papier pour m’assurer des proportions puis en mousse de 2mm pour la décoration et de 5 pour le masque :

(à noter que j’ai dû légèrement rallonger la bande centrale du casque pour éviter d’avoir un trou à la pointe supérieure du masque)

Par rapport à la taille du casque, j’ai estimé la taille des ailes avant de faire un croquis et de couper la mousse. Là encore la base est en mousse de 5mm et les « plumes » en 2mm. Concernant les décorations rondes j’y reviendrai un peu plus loin.



Il ne restait plus qu’à assembler le tout. Une base de peinture en plastidip puis peinture argentée, et voilà :



samedi 7 novembre 2020

Guide de la mousse EVA : Partie 1 : présentation


En ce qui concerne les pièces d’armures, la matière de prédilection est pour beaucoup la mousse EVA. Pendant longtemps, elle a été assez difficile à trouver en France et souvent remplacée ou confondue avec le « tapis de sol » que l’on trouve en rouleau dans les magasins de sport pour faire de la gymnastique. Cette confusion vient probablement du fait qu’il est possible de trouver de la mousse EVA sous le nom de « floor mat » aux Etats-Unis. Mais le tapis de sol type Décathlon est généralement beaucoup plus mou et poreux que la mousse Eva, et ne peut pas être poncé. Cependant ce dernier n’est pas à jeter pour autant nous y reviendrons.


La mousse EVA se décline principalement en trois types :

source photo: cosplayshop.be
source photo:  cosplayshop.be

- la haute-densité (high density foam) : généralement gris clair ou blanche. Les sites de ventes français indiquent parfois uniquement la densité en kilo par mètre cube, pour la haute densité aux alentours de 100kg/m³

source photo:  cosplayshop.be

- la basse densité (low density foam) : le plus souvent gris foncé, bien qu’on en trouve à présent en blanc. Sa densité tourne autour des 60 kg/m³.

source photo:  cosplayshop.be

- la mousse pour leds (led foam) : appelée aussi « mousse translucide » elle est… translucide forcément. En général moins dense encore (45 kg/m³) elle permet de laisser passer la lumière des diodes placées derrière elle.


Toutes ces mousses se présentent sous plusieurs épaisseurs : 10, 5, 3 et 2 mm et plus rarement : 8, 6 et 4 mm. Si le format des plaques de mousse est généralement d’un mètre carré, mais certains sites proposent également d’autres formats notamment pour la mousse led, à bien vérifier avant de passer commande donc...

On peut également trouver assez facilement en boutique de loisirs créatifs de plus petites plaques (souvent en A3 ou en A4) de mousse de 2 mm colorées, parfois nommée « créamousse » du nom de la marque la plus connue. La plupart des sites de ventes de matériaux cosplay propose aussi des dalles de mousse de 12mm d’épaisseur sous forme de pièce de puzzle.

A titre d’indication, je fais quasiment tout en mousse de 5mm et les détails en 2 et plus rarement 3mm.


A l’origine difficile à obtenir sans vendre un rein pour payer les frais de port, depuis peu, la gamme de mousse EVA s’est étendue en France avec l’arrivée de mousse sous forme de bande ronde (parfois appelée « rondin de mousse »), de différents diamètres ou triangulaires, d’écailles et même de pâte modelable (« foam clay ») :

Sous toutes ses formes la mousse EVA peut être thermoformée à l’aide d’un décapeur thermique mais aussi poncée et même gravée.


Mais quid du fameux tapis de sol Décathlontm ??

Alors en vrai, pour l’avoir déjà fait avant que la mousse EVA ne se répande en France, il est possible de faire des accessoires avec, si ça reste des formes assez peu détaillées, et de préférence en évitant les tapis premier prix et en cherchant la mousse la plus ferme possible.

Exemple de formes simples en tapis de sol : les pochettes de Lady Deadpool


Par contre le tapis de sol premier prix a selon moi une grande utilité, si on utilise de la mousse de 5mm : il peut servir de matière à prototype. De la même manière qu’on ferait une toile pour tester un patron en couture, on peut utiliser le tapis de sol pour vérifier la taille ou la forme d’une pièce d’armure avant de couper la mousse EVA, pour peu que la mousse utilisée fasse à peu près l’épaisseur du tapis.


J’avais par exemple testé le patron d’un buste, la première fois que j’ai utilisé de la mousse EVA et ainsi corrigé ce qui n’allait pas :

L’avantage de la mousse EVA, c’est qu’elle est assez peu onéreuse en comparaison à d’autres matériaux comme le worbla et qu’elle demande peu d’outillage pour se lancer :

- des cutters de différentes tailles pour la découpe, en général un grand avec une lame de 2cm de large, un plus petit de 1 cm et un cutter de précision, appelé parfois scalpel.

- un décapeur thermique pour thermoformer les pièces de mousse, il sert également à « sceller » la mousse, c’est à dire à rétracter toutes les micro alvéoles qui la compose, et ainsi avoir un aspect parfaitement lisse.

- de la colle pour l’assemblage, on peut utiliser de la colle chaude ou de la superglue, mais la meilleure reste la colle néoprène ou « colle contact ». Cette colle a la particularité de n’adhérer qu’à elle-même, il faut donc encoller les deux parties à assembler, laisser la colle sécher quelques minutes pour joindre les pièces. Cela permet de prendre son temps pour aligner ses pièces pour avoir les jointures les plus propres possible.


Non nécessaire pour commencer mais très utile, la mini ponceuse multifonctions, plus connue sous le nom de la marque leader : la dremel.

La dremel permet de « nettoyer » les jointures des pièces en cas de mauvais alignement en ponçant l’excédent, mais aussi pour ajouter des détails directement dans la mousse comme des gravures, des marques d’usures et j’en passe… Il faudrait un post juste pour l’utilité des différentes têtes de la ponceuse.

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Avec ça on est paré, ne reste plus qu’à choisir le cosplay, patronner les pièces et on est parti ! Par contre... comment on patronne ? A suivre...