mardi 25 juillet 2023

Making-of : Alphonse (Fullmetal Alchemist) Part.3

Je reviens une nouvelle fois sur l'armure d'Alphonse, à qui j'ai déjà consacré deux posts !

La Partie 1 était consacrée au casque et au buste et la Partie 2 aux pièces de bras. On achève donc ici la partie « Conception » avec la confection des jambes de l’armure.


Sauf précision contraire, toutes les pièces sont en mousse EVA de 5mm d’épaisseur.

Avec les articles « Making-of » je reviens sur la conception globale d’un personnage, incluant les erreurs commises en chemin, et même quand c’est possible la partie couture (dont j’ai généralement assez peu de photos…).

3. Conception

  • Les cuisses :

La pièce de cuisse a été assez facile à faire (oui j’ai tendance à dire ça pour beaucoup de pièces, mais généralement, une fois décomposés, les éléments ne sont pas très compliqués…). 

La cuisse d’Alphonse est en trois parties : une pièce arrière plus courte, et deux pièces avant, similaires, qui forment une arête centrale et une pique en haut.

Comme la cuisse n’a absolument pas besoin d’être ajustée à la taille de ma propre cuisse, il m’a suffi de dessiner les pièces nécessaires avant de les reporter sur de la mousse :


La pièce arrière, de la même manière que les bras, a deux arêtes qui lui donne un aspect un peu carré. Pour ce faire, j’ai découpé deux gouttières sur l’intérieur de la pièce, pour ensuite les encoller et les pincer pour former une arête.

yep, ma mousse avait une bulle pile au milieu ! Mais c’est pas grave c’est l’intérieur.

Pour former l’arête avant, les pièces sont coupées en biseau, de la même manière que la pièce extérieure des avant-bras.

Assemblage en scotch pour voir comment ça tombe :

on notera l’angle très confortable pour prendre une photo.

Après quoi, il suffisait de coller pour de bon la pièce arrière à l’intérieur de l’avant.


  • Les pieds :

Oui je passe directement des cuisses aux pieds, car il me fallait avoir fini les chaussures pour pouvoir commencer les tibias, les seconds venant s’imbriquer aux premières.

Pour le choix des chaussures, une question un peu épineuse s’est posée. Alphonse est plus grand que Barry, ce qui tombait bien puisque je suis un peu plus grande que Neevilia. Sauf que pour qu’elle puisse y voir (c’est quelque chose de relativement important en convention), il fallait que le visage de Neevilia soit au niveau de la bouche ouverte de Barry (je vous laisse aller à la fin de la partie 1 de Barry pour mieux visualiser). Donc le casque de Barry était relevé de quelques centimètres, ce qui réduisait l’écart de taille entre Neevilia et moi. Du coup, Alphonse porte des talons. Yep.

La partie pied est sans doute avec le casque, un des éléments les complexes de l’armure. Il y a plusieurs plaques qui se chevauchent, sans parler du fait que ça ne doit pas gêner la marche.

Contrairement, à d’autres pièces comme les bras ou les cuisses, je n’ai donc pas pu élargir les pieds. J’aurais pu mais au détriment de l’aspect pratique, et c’était déjà suffisamment compliqué de se mouvoir sans en rajouter une couche ! Heureusement, j’ai des grands pieds de base. (paradoxalement, comme les talons affinent les pieds, j’ai l’air d’avoir de plus grands pieds avec mes dr martens de ville qu’avec les chaussures d’Alphonse…)

J’ai utilisé une paire de bottines que je ne portais plus depuis que les skaï s’était épluché, parfait pour coller de la mousse par contre, puisqu’il suffisait de retirer la partie plastique du skaï.

De la même manière que pour les chaussures de Thor (dont le making-of est ICI d'ailleurs), j’ai d’abord recouvert la chaussure de scotch, puis j’ai tracé mes différentes pièces :


Comme les pièces se superposent, j’ai utilisé plusieurs couleurs pour mieux visualiser chaque pièce pour les reporter sur papier ensuite.

Je n’étais pas vraiment sûre de mon patron, j’ai donc d’abord fait un prototype de l’avant en tapis de sol (voir le guide le mousse EVA à ce sujet) :



on peut ainsi en profiter pour admirer le skaï qui s’épluche…

Et heureusement parce que dans mon premier patronage, j’avais omis un détails : le talon de la chaussures n’était pas droit mais légèrement en biais vers l’intérieur, ce qui forcément soit déformait ma pièce de talon pour suivre le biais, soit créait un vide entre le talon et la pièce. J’ai donc fait une petite cale pour avoir un appui droit :



puis j’ai pu repatronner en me servant des pièces de prototype juste :

Comment ça on pige rien avec tous ces traits ? Moi je me comprend…

Et donc re-prototype :


puis après quelques ajustements mineurs, les pièces finales :


Et enfin collage sur la chaussure, contrairement à Thor, les pièces sont directement collées dessus vu que je n’ai pas besoin de récupérer les chaussures :


tadah ! C’est… à recommencer entièrement.

En fait, j’ai fait les deux chaussures, et ça rendait bien ce n’est pas le problème (pour une fois), mais lors des nombreux essayages que j’ai faits (pour les tibias et pour voir le rendu global). Je me suis rendue compte de deux choses :

- Déjà, les bottines étaient à lacets, ce qui n’était pas ultra pratique pour les fermer vu que la pièce de tibia devait être mise avant. Mais encore ça c’était galère mais gérable, ce n’est pas comme si j’allais mettre et enlever mes chaussures plusieurs fois le jour de la conv. Mais surtout :

- J’avais mal au pieds ! Malgré mes semelles que je mets toujours en plus, rien qu’en les portant quelques dizaines de minutes pour les essayages j’avais mal au pieds. Pas beaucoup mais un peu. Donc, un peu en 20 minutes, ça veut dire beaucoup au bout d’une heure de convention, surtout avec le confort du reste de l’attirail...

J’ai donc choisi de nouvelles chaussures de base, plus confortables, avec un élastique et tant qu’à faire un talon droit. Heureusement, comme la forme était relativement similaire, je n’ai pas eu à repatronner les pièces seulement en rallonger une de quelques centimètres :


Bonus, ces chaussures-là me faisait des pieds un peu plus massifs que les précédentes.

Et je suis bien contente de les avoir refaites, je n’ai pas du tout eu mal au pieds pendant la convention. Les chaussures en cosplay, ce n'est pas le genre de truc où on peut faire l’impasse, si tu as mal au pieds, ta convention est foutue. Tu n’auras pas envie de te promener ou de poser debout longuement pour des photos, juste de t’asseoir ou de les enlever.


  • Les tibias :

Sur les photos des tibias, c’est la première version des chaussures, mais ça ne change rien.

Les tibias ont une construction assez proche de celles des avant-bras, avec une structure de base, une plaque sur l’arrière et une plaque avant qui forme une arête. La seule différence c’est qu’au lieu des piques, il y a une plaque qui ferme le sommet, de la même manière que la pointe sur le haut du buste (la couche 4 pour ceux qui suivent/ont relu la partie 1 récemment)

La base est en deux parties, une qui forme le tibia à proprement parlé, qui est tracée sommairement à mes mesures, et une autre en bas, qui va servir à emboîter le tibia sur la chaussure pour donner l’illusion d’une seule pièce.

Cette pièce est patronnée sur la chaussure, en gros, la partie en bleu sur la première photo en scotch. Une fois les pièces assemblées, la base est prête :


Comme pour l’avant-bras, une plaque de mousse de 3 mm est collée derrière (je n’ai pas de photo, mais faut juste imaginer un long rectangle bleu), et comme le col, une plaque type couvercle est collée en haut de la base :


A ce sujet, sur l’armure cette plaque est plutôt penchée vers l’avant mais malgré plusieurs essais ça ne tombait vraiment pas bien avec la plaque extérieure, donc j’ai dû me résoudre à la faire droite.

Le patronage de la plaque extérieure est un peu compliqué à expliquer, mais en gros je me suis en partie servie des pièces de bases élargies par endroit et raccourcis sur l’avant, et j’ai dessiné la partie haute en mesurant le diamètre dont j’avais besoin (tour de tibia avec plaque de 3mm, et circonférence du tibia avec plaque couvercle).

Pour donner l’illusion de plusieurs couches, de la même manière que le buste, la partie extérieure laisse par endroit apparaître la base, comme si cette dernière était une plaque de la chaussure et non du tibia.


Sur cette photo, on peut voir le patron de la bande de piquants, dernier détail du tibia. Cette pièce est en théorie sur le pied, mais elle m’a servie à renforcer l’illusion de plaques. La bande est située à la jonction du tibia extérieur et de sa base, mais ça donne l’impression que le bord du tibia est au niveau des piquants.

Les piquants assemblés, les tibias sont finis :


Ce qui permet également de montrer les jambes terminées.


  • Les genouillères et les coudières :

Les piquants sont aussi une super transition pour les genouillères et les coudières ! Parce qu’Alphonse a des piquants. Beaucoup de piquants ! Si on ne compte pas les cônes sur les lamelles d’épaules ou celui sur son front, Alphonse a 18 petits piquants. Trois sur chaque pieds, trois à chaque genoux et trois à chaque coude.

Pour qu’ils soient régulier, de la même manière que les dents de Barry, j’en ai modelé un en pâte polymère, que j’ai ensuite moulé pour pouvoir en faire des copies en pâte de mousse EVA. Sachant que la pâte de mousse sèche en environ 24h, et qu’il est difficile de démouler une pièce qui n’a pas au moins semi- séché sans la déformer, je vous laisse imaginer le temps qu’il a fallu pour faire 18 piquants (spoiler alert : Barry aussi a des piquants…).

Mais bon, pour soutenir ces piquants, il faudrait déjà avoir une base. Et je dois avouer que le patron a été extrêmement facile à faire.

Il se trouve que je possède des genouillères de carreleur que j’utilise quand je travaille par terre, notamment quand je découpe des pièces dans mes grands plaques de mousse EVA, (il faut croire que j’ai les rotules sensibles... ).Du coup, j’ai juste utilisé mes genouillères comme base :


Et pour les coudes, j’ai simplement fait une version plus petite du patron obtenu :

en haut les genouillères, en bas les coudes.

Alors en vrai, les pièces d’Alphonse sont moins longues et plus arrondies, mais la forme rectangulaire à la base calait mieux mes pièces par rapport aux avant-bras et aux tibias, et des pièces plus longues me permettait de mieux cacher mes propres articulations. Parce que j’ai beau être mince, l’armure n’est pas vide…

Pour en revenir aux piquants, une fois leur emplacement délimité sur les pièces, j’ai fait exactement comme pour les lamelles d’épaules, ou plutôt j’ai réutilisé la technique des piquants pour les lamelles d’épaules. C’est aussi comme ça que tienne les bracelets de piques de Barry.

Vu leur petite taille, j’ai utilisé un demi cure-dent par piquant, que j’ai collé à l’intérieur du piquant à la super-glue :


puis à j’ai pré-percer les pièces au centre des emplacements :


Ensuite il suffit de planter les cure-dents dans la base :


puis de couper l’excédent à ras et de sécurité avec une goutte de super-glue, (à noter que la partie mousse du piquant est également collé à la pièce avec de la néoprène)


J’ai fait exactement la même chose pour la bande de piques des chaussures :

Emplacement, piquant, cure-dent.

Les jambes sont complètes :


Et moi j’ai fini par trouver la fonction retardateur de mon téléphone...

Avec ça, la partie conception de l’armure est terminée !


  • Ajustement divers :

Mais n’allez pas croire que tout tombait parfaitement à l’essayage, c’est quelque chose qui est rarement précisé quand je regarde ou lit des making-of. Quand on travaille sur une foule de pièces pour former un ensemble, on ne peut pas toujours tout essayer, même si j’ai fait de nombreux essayages des bras, des jambes ou du buste séparément, une fois l’armure entière enfilée, il y avait plein de petits ajustements à faire. C’est aussi pour ça que je n’ai commencé la peinture qu’une fois l’armure entièrement terminée (qui a dit « procrastination » ? tout le monde sait que j’adore la peinture ! *sarcasme* )

Un truc tout bête : mais en essayant le tout je me suis rendue compte que mes pièces de jambes montaient trop haut, ce qui poussait le buste vers le haut, sauf que du coup ça remontait aussi le col, qui bloquait à son tour le casque, qui était complètement bloqué entre les bords du col. Mais si je descendais les jambes, ben on voyait plus les genouillères…

Il a donc fallu : réduire d’une centimètre le haut des jambes, puis légèrement raboté le bas du buste :


J’ai aussi très légèrement réduit la longueur et la hauteur du col :


Je ne vais pas détailler toutes les retouches, mais j’ai aussi dû modifier l’échancrure de l’entre jambe, pour marcher plus facilement, ce genre de choses.

Tout ça pour dire que tout n’est pas parfait du premier coup !


4. Couture

Je le mentionne vite fait parce que ce n’est vraiment pas palpitant, mais pour l’armure d’Alphonse, TheMom a cousu un petit pagne en lin gris lilas, qui est tout simplement composé deux rectangles montés sur une ceinture. Pour éviter qu’il ne se soulève ou pli bizarrement, l’ourlet est légèrement lesté avec des poids pour rideau.


Petit fun Fact, il y a un anneau de chaque coté au niveau des hanches, il s’agit d’anneaux en plastique récupérés sur un maillot de bain bon à jeter, il y a des années de ça, qui traînaient depuis dans la poche de ma robe de chambre. Après chaque lavage, je remettais machinalement le contenu (deux anneaux, 3 vis, un bout de ruban, un cutter…) des poches à sa place...


On notera que j’ai pris soin de ne pas parler de peinture dans ces trois parties de making-of. Malheureusement, j’ai bien dû m’y coller à un moment. Mais comme ces posts de conception sont suffisamment longs comme ça et qu'autant pour Barry que pour Alphonse, il n’y a pas grand-chose à dire dessus, je ferais un post unique sur la peinture pour les deux ainsi que sur les finitions (notamment les yeux des casques).

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